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Dans le fond de la vallée (sand ou sant) du Réveillon, à proximité de la source du Biot, dès la période acheuléenne, les hommes s'installent près du gué des Grés. Avant le 12ème siècle, Santeny, avec d’autres localités, était le repaire d’associations de brigands, se parant du titre de Chevalier, qui écumaient la région. Les épaisses forêts d’alors assuraient leurs refuges et favorisaient leurs forfaits.
En 1138, crainte ou repentir, ces « chevaliers » restituent à l’Evêque de Paris la région sous leur influence, une dizaine de Paroisses dont Montgeron, Lieusaint, Santeny….
L’Evêque, à son tour, reverse à l’Abbaye d’Yerres, récemment fondée, les sommes et fondations ainsi restituées.
Au 13ème siècle, pour récompenser les Chevaliers du Temple de leurs exploits aux Croisades, il leur est fait don de bois, terres, fermes, fiefs et dîmes diverses. Il est probable que de tels dons sont faits à Santeny, notemment par une famille Maréchal, prépondérante à l’époque.
Les Templiers s’y installent, leur Prieur prend le titre de Seigneur de Santeny.
De dons en achats et en saisies seigneuriales, leurs richesses deviennent vite considérables et leur confèrent un pouvoir croissant.
C’est peut-être ce qui les incite à remplacer, en 1292, la modeste « maison du Temple », chef lieu de leur commanderie par un robuste château fort, acquis d’un Chevalier Bataile et bâti sur une ile baignée par le Réveillon.
Dans le royaume d’alors, cette montée en puissance est loin d’être un cas isolé, aussi, Philippe le Bel, craignant pour lui-même, fait arrêter et exécuter sans ménagement, les Templiers présent sur le territoire de France.
L’ordre est supprimé en 1312.
Les Templiers ont régné sur Santeny durant près de deux siècles.
Les Chevaliers de Rhodes les remplacent dans les lieux en conservant l’essentiel de leurs biens, le pouvoir et le titre de Seigneur de Santeny. Le chef-lieu de leur commanderie reste le château fort dans l’ile du réveillon.
Les calamités des 14ème et 15ème siècles n'épargnent pas Santeny, situé sur la route de Champagne. Après le désastre de Poitiers, les routiers pillent le village ; les Anglais occupent la paroisse de 1419 à 1439
17ème siècle : Les Chevaliers de Rhodes sont devenus les Chevaliers de Malte depuis deux siècles.Le temps a passé et l’autorité seigneuriale s’émousse.Les Suzerains, le peuple, les « sans grades » apprennent à moins redouter le seigneur de Santeny, en l’occurrence le Prieur de l’Ordre.
En 1732, Germain Louis de Chauvelain, Garde des sceaux, acquiert les biens des Chevaliers de Malte et fait raser le château de la commanderie mettant ainsi fin à quatre siècles de présence des Chevaliers de Malte. Chauvelain rattacha cette commanderie au marquisat de Grosbois.
Bien que la commanderie des Chevaliers de Malte fût prépondérante et symbolique, il existait à Santeny bien d’autres fiefs plus ou moins importants possédés chaque fois par un Seigneur, tels ceux d'Ormoy, de Montanglos, du Colombier, de Gondy et de Cossigny qui devient plus tard le fief des Lyons, un château avec un parc et une ferme importante qui appartint un temps à Jean-Louis Richard, plus connu à Santeny par la fontaine qu’il y fit construire.
En 1789, le fief des Lyons est saisi comme bien national et mis en vente. Monsieur Barthélémy De Besse en fait l’acquisition, fait démolir le château et ne conserve que la ferme. La famille De Besse acquiert peu à peu les domaines environnants jusqu’à posséder la majeure partie des terres de Santeny.
Occupée en 1814 par les Cosaques, Santeny connaît ensuite, sous la monarchie censitaire et le Second Empire, une période de réelle prospérité mais, en 1871, les Bavarois brûlent le château et l'église, qui seront reconstruits dès 1878 par la famille De La Perrière, descendants de la famille De Besse, le nouveau château sera alors édifié sur la commune, face à Montanglos. A partir de 1875, avec la disparition du vignoble, la population ne cesse de diminuer. Avec ses deux grosses fermes (Lyons et Marais) réunies actuellement dans la même exploitation, Santeny n'est pas touchée par la crise des années 30. Les vignerons adoptent, dès 1890, la culture de la rose.
20ème siècle : minés par l’érosion ou délibérément détruits, il ne reste que peu de choses des monuments d’antan.
Les Seigneurs sont oubliés, les fiefs ne sont plus que des lieux dits, les terres, morcelées sont désormais des propriétés privées. Santeny prend son apparence actuelle.
Par bonheur, les vastes forêts, refuges des brigands d’autrefois et les grands parcs, témoins des fastes disparus, ont pu traverser les siècles sans dommage.
Santeny, petit village serti dans la nature a pu protéger le caractère rural qui, de longue date, est l’un de ses charmes.
Gageons, en entrant dans ce troisième millénaire, que notre commune restera ce havre de verdure et de calme qu’il nous est donné d’apprécier aujourd’hui.
Les informations ci-dessus sont inspirées d'une notice historique de Monsieur Pierre NICOL et d'une brochure sur Santeny éditée en 1987 par la Mairie.
Cette brochure fut réalisée avec le concours des Archives Départementales du Val de Marne, de l'inventaire Régional d'Ile de France et en particulier grâce aux compétences de Madame Marie-Agnès Ferault et de Madame Catherine Brisac.
L'ouvrage de Monsieur Alexandre Leseur, Maire de Santeny au 19ème siècle "Quelques mots sur Santeny" fut un précieux guide pour la réalisation de cette brochure. |